Les jours tranquilles

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Fugaces, passent, encore libres
Les jours tranquilles,
Connexion virtuelle troquée
Hors la bête imbriquée.
Les jours tranquilles
Réduits à la seconde
Entre deux interstices
De tyrannie.

Las, condamnés,
Les jours tranquilles
Dansent comme une dernière
Révérence,
Aux nuits pures endiablées
De l’avenir perdu.
Et l’art fut.

Ô mes nuits de refuges
Pleines de campagnes
De rêves.
Déroute suspendue
Trève d’un jour intranquille,
Béquille.

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Sur l’autel de la complicité
Trépasse la félicité
Des jours heureux.
Agora engourdie
Dans l’ère du non-dit
Contaminée
Comme étourdie.
Puisse déverser
Encore quelques secondes
Des vers de liberté.

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Dans le silence du tableau,
La terre devient gris,
La pluie devient bruit,
Face à la montage
Où le colon ne peut rien.
L’instant heureux au loin
Dès la gorgée devint.

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Derniers jours tranquilles
Où le hasard écrit
À la pointe de l’inquiétude ;
Jamais le nid de l’oiseau
Ne tombe d’amertume.

Entre chien et loup
Le chat ouvre grand les pupilles
Bouddha patient
Qui tend l’oreille et le cou.
Mozart attend le joug
Du destin impitoyable.

Derniers jours tranquilles
La main fébrile mais vivante
Espère encore, hume
Et transperce de son regard
Le tableau immobile.

Derniers jours tranquilles
Au loin, la pensée en haillons
Épuise les derniers rayons
De la ville vautrée.
Écart de conduite,
Dans le fossé,
Les haïkus endimanchés
Dévissent.

Les jours tranquilles
Aux visions trépanées
Qui regardent sursauter
L’apothéose du néant.
Quand le goujat met bas
Ses ambitions serviles.
Li Ch’ing-Chao
L’averse passe sans mots.