Ressacs

 

Au creux des larmes froides,
la chaleur erre son temps.
De rasade en rasade,
on tricote l’évitement.

Dans les décombres de la pensée,
rêver d’ouvrir une distillerie
à la hauteur des moutons d’enfants,
distraction de nous-mêmes.

Comme un sale temps parallèle
les criminels aux boutons d’argent
ont la vie belle.
L’été, l’automne, et le souvenir qui tonne
comme un chalutier refusant de rentrer au port.

Ô vagues de lunes pleines
nettoyeuses de peines dans l’absolue nuit.
Voilà que la grève tend son manteau
pour dissimuler l’empreinte éplorée.

 


 

Fuir les évidences jusqu’à ce qu’elles reviennent
Braver le destin aux habits de crachin ;
Derrière demain, postuler
Pour l’escalier qui mène à tout
Surtout à rien,
Pourvu que l’on boive l’éternité.

Chercher la plinthe éclatée,
Oublier la lumière pour bouger
Encore et encore, avant l’aube.
Et repartir de plus belle
Sur la route du rebelle
Désengagé de toute médiocrité.

 


 

Ressac en cul-de-sac
Dégénère quand vient le temps
Du tourment repeint.
Sur la thèse, la note s’élabore
Mais jamais ne s’en sort
Indemne.

 


 

Li Po, mon ami Li Po
Tombé de haut.
Veux-tu un coussin ?
Celui qui me reste ici-bas
N’a que la trace de mon amour.

 

Ressacs © 2017-2018