Manteau de vision

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Boutade à la dérobade

Planète dans la panade,
galéjade ou pochade
des fauteurs de façade
qui passent la pommade
aux conteurs de croisades
compteurs de moutons malades.
Les consciences en rade
N’attendent que l’estocade.

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Lubbyisme

La lubie des lobbyistes :
lobotomiser les loubards
ceux du business capitaliste
avec de bons bobards.

Babar, on te trompe
sur toute la ligne des marques
c’est ton sale air qu’on pompe
c’est l’anar qu’on arnaque.

Au jus du politiquement correct
le jeu perd de sa superbe
sous l’accord des pions sans affect
à la corruption sans verbe.

Une gestion congestionnée
gérée avec de grands gestes
et pour ceux qui ont bien tourné
zéro pourcent des restes.

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Globe alité

Le global à gober dans sa globalité
Un fourre-tout fou à touiller
Des marques marketées au Marker
Démarquez-vous qu’au carnaval
Restez tolérant de nions
Passez au pas des sapeurs de pensée
Sachez rester couché sans choquer.
Les rêves en solo sont longs,
Cours toujours liberté, and so long.

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Il y a un hic

La tour de Babel claudique
Sous le poids du fric ;
Réinventer l’éthique
Sous le vent boursicotique
Ça manque de claques
Même en feed-back ;
Le mot dit que c’est chic
D’avoir des rêves en toc
Des désirs empiriques
Sur une Terre en loque ;
Il y a un hic
De qui on se moque.

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Microtteur

Discerner l’indiscernable
Les pieds dans l’eau de là
Ici tout est buvable
Paroles imprimables.

Le micro trotte
de parloir en parloir
des mots à tiroir
où les chiens font leurs crottes.

Journal du soir
déversoir
Revue de pressoir
dès le matin, le devoir.

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Ère erre

Une face, ça s’épile
face aux compiles
des cycles de l’histoire
éternelles bavures
éclampsie d’espoir
qui dure, qui dure
adoubée par les psy.

Ouvrons nos portières
et vidons nos poches sous les yeux
humons l’ère qui se consume
après ça ira mieux.

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Image

Symptôme de Saint-Thomas
Dévoyé par le mass média
L’image, sa grande amie
a mis la barre très bas.

Pas de malheur sans montre
Pas de monde sans heurts
Faire l’autruche sur le trottoir
Racler les fonds de penseurs
Et cacher l’hommage du miroir.

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e-mage

Le virtuel chasse le naturel
Dans les fils du réseau,
L’écarte et meurt.

Insolence du bidouilleur d’espérance
Qui fuit, ailleurs,
Progrès factice.

Avalanche d’images pressées
Qui embrouillent les pistes,
Le désert tique.

Le scarabée n’est plus que papier froissé
Au vent du consumérisme magnanime.

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Hanche hantée

Sous la hanche
le ventre soulève
des questions digestives
qui évoquent
l’air débonnaire,
seul visage
de celui qui respire sans faille
pour avoir le label.

Sous la branche,
le vent soulève
les questions primitives
qui s’entrechoquent
dans le halo lunaire,
seul éclairage
de celui qui respire la faille
pour se découvrir rebelle.

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Branche pour rire

Sur la branche s’est posé le volatile
Pour une observation éphémère
De la terre rendue fragile,
Sortez vos poubelles mes frères
Ou acceptez l’engloutissement
Par vos paresses inconscientes !

Atermoiements sans lendemains
Des chérubins de la science,
Infernale sonnerie du silence
Où résonne un destin hivernal.

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Maîtrise ès pollueur

N’est pas barbare qui veut
Sur la planète bleue
À la barbe et au nez de la lune
La merde cachée sous la dune
On absout tous nos actes
Dieu se fiche de l’impact.
Le titre d’ès pollueur en poche
On titille la mouche du coche,
L’argent n’a pas d’ardeur
À lessiver nos erreurs.
Dans la baie des trépassés
Flottent nos ego dépecés
Maîtresse Nausica
Macère dans la nausée.

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Amas doué

La matrice de l’âme,
amatrice de questions

enfonce le quidam
qui rame de tous ses avirons
pour trouver le sésame
de ce qui tourne rond.

Un tas d’âmes amassées
par l’exigence de désirs,
doué de foi de mots en rut,
à la recherche du but.

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Daily

Délits d’élitaires
vautrés dans le daily news
naturalisés planétaires
au niveau du flouze ;
des lits de vers en noir
dans les papiers du soir,
élitaires ordinaires
si peu populaires.

Délits d’infamie
signés FMI,
a l’hallali
l’élite délibère
dans les lits des rivières
on réitère
des semences de riz,
décence au pilori
sous les sens, l’interdit
impuissance du mot dit.

Délits de news
Freedom en fuite.

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Tortue

La halte altère la course
de l’alter contre la Bourse
le temps des copains.
Vite, il est temps
de chanter du soir au matin
de peindre un autre monde
de balayer l’immonde
Si le tort tue, le horla peint.

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Modulo Faune

L’écolo vert de gris
Va au boulot en vélo
Un halo sur Paris
Pollution pour le populo
Modulo Faune
Planète aphone
Plus de philo
Camelot pas vu pas pris
Cash-flow au tableau
Des kilos de clones
Et l’eau qui périt

Opéra de laboratoire
Mulots vendus par lots
Mégalos à tiroirs
Plus rien dans le ciboulot
Planète terroir au pilori
Internet à flots
Flot de mots pas nets
Lolos plein de calories

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Organisme Génialement Maboule

La poule pond au pire
Le poulet à frire
Pot-pourri de paroles
Dans une poêle à rire
Je me marre
Au Café, les doigts sont jaunes
Parce qu’on boit rouge
Peau de rien, le ni ni du Bobo
A bon dos
Plus de dodos
Fini de rire
Amour du dégoût
Plus de goût
Le poulet plaît
Seulement sur le Marché
Yo-yo
De la quéquète du graillon

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Protocole

Le con forme
au vernis sage
L’impair hâtif
fait du terme au mètre
Mais si le rat passe
le pâté tique
Et quand la carne avale
le prout au col.

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Tarififi

L’homme créa le tarif
Kalif de la région Terre
Sous de gros appétits
Des histoires de gros sous
Se manifestèrent

Les beaux chiffres
Nés de l’Arabie
Rhabillèrent vite
Nos illusions
Les ego à gogo
Avaient la frite
Moulés dans leur ambition

La grève des tarifs
Se fit rare
La Terre sentit le souffre
Le rêve des poètes
En souffrit
Le soufi atterré atterrit
Et la source fut tarie

Tarif trop tard !
S’exclama le touriste
Converti au dieu
Fi, lui répondit là-haut, Tseu
Il faut faire feu de tout boa
Pour serpenter dans ce bazar

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Tronc sonné

L’amie sphère se meut
s’émeut-on de son air ?
On tronçonne l’Amazonie
la zone devient amas jauni.
Toqués du divin rendement
on ment, sans sentiments,
à trop sonner en l’air
on sonne le glas à terre
grabataire.

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Homère, au secours

L’appât rance de la réalité
Ô mère nourricière
engloutit l’universel
qui verse injustifiablement
dans le désir mortel.

Le chemin de randonnée
des héros trépanés
est un long soupir
où s’ébrouent les barbares
de l’apparence.

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Le liège et la torture

Je suis un bouchon de liège
qui jette des sortilèges
à tous les sacs en plastique
qui décorent l’Atlantique,

Torture des yeux, du nez
qui bouche les consciences
des passions pas nées
de la dernière séance,

Et flûte, voilà que je flotte
dans mes rêves dodus
sans Cac ni cote
à grands fonds perdus !

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Egologie

L’ego land
ça casse pas des briques,
idéologie
de l’égologie,
pouvoir vouloir
un défouloir ;
des déchets égarés
aux crochets d’ego
gare aux accrocs
sur la veste en soi.

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Imachination

Surenchère
pervers désir
la seule morale du pire
la banalisation
le fric
machination
images
machine à sous
homme banal
toujours tu décriras
le mal,
homme sale
toujours tu chériras
la merde.

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H2O

La peau et les os
Matière à vivre debout
N’ont qu’un seul début
La formule h2o.

Nous sommes nés de l’eau
Modelés à vue de nez
Un zoo plein de zozos
Après les grandes eaux.

La formule est courte
Le destin est long.

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Gaucho devant !

Allons abeilles apatrides
Le jour de veille est arrivé
Reposez en pet de maïs
Qui rend la peau lisse
Gaucho devant
Comme les pieds
En coup de vent,
Balayés.

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Graalipette

Le yin, le yang
Et puis quoi au milieu.
Le dessin de la peur
L’odyssée de l’impur
S’arracher aux trémolos
de l’occidental,
Partir à vélo
Sur une voie transcendantale
Fructifier sa curiosité
Jusqu’à faire éclater sa mémoire
Comme une Cocotte-Minute.

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Déjà chairs

Assise en tailleur
au milieu de la prairie,
l’herbe sous mes fesses
devient couverture.
Nous faisons corps,
échangeons des insectes
dans le silence
de la brise cosmique.

Des femelles volantes
me prennent pour cible ;
il vaut mieux être de la chair
à moustiques
que de la chair à canon.
La nature et moi-même
faisons l’amour
dans les draps de l’univers.

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Tronqué

L’arbre se moque bien
de nos querelles
il vit de rien ;
Il se rit de nos vies,
sauf quand on se mêle
de son devenir :
le gêneur abattu
devient chair à papier,
pour supporter des concepts
plus creux que son tronc.

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Comme quoi

Comme un
morceau de musique
morceau de bravoure
morceau d’architecture
Un mime morceau

Comme un
carré de pelouse
carré d’as
carré d’officiers
Un point carré

Comme un
bout de terrain
bout de tunnel
bout de bois
Un vent debout

Comme une
part de gâteau
part d’héritage
part de rêve
Un départ

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Sous le poète

La bêtise
ça défrise
La gourmandise
ça dialyse
les vocalises
ça précise
L’entreprise
ça chalandise
La convoitise
ça divise
La devise
ça symbolise
La maîtrise
ça canalise
Mais la cerise
sur le gâteau
C’est l’insoumise
qui poétise

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Manteaux de vision © 2003
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